dimanche, décembre 19, 2010

Le golf hivernal

Les flocons virevoltent paresseusement vers le sol. J'ignore s'il neige toujours ou si ce n'est que le vent qui crée tout autour de moi ce beau rideau troué. Je marche d'un pas plein d'espoir, attendant le déclic qui me fera revenir au présent. Voyez-vous, les soucis, les dépendances et le passé s'unissent en un tourbillon de pensées. Ce cyclone m'aveugle et j'en oublie la simplicité de la vie.

Donc je marche dans la forêt, l'hiver. Je n'ai pas froid. Au contraire, l'air froid me revigore. Après un moment, je m'aperçois que mon regard racle le sol; j'oublie encore les petites beautés. Je fais un effort pour maintenir ma tête bien droit, tout juste au-dessus de l'eau.

Devant moi, la forêt s'ouvre sur une plaine parsemé de grands pins, de saules et de cèdres. Le golf. Je m'aventure dans ce désert miraculeux, ne portant pas attention à la neige qui avale chacun de mes pas. Le silence est presque complet; au loin, les vibrations d'un boulevard m'apparaissent incroyablement puissantes. Je parviens à ignorer le bruit distant. Je franchis un petit ruisseau gelé d'un bond. Je fais quelques pas de courses. Je me dirige vers un banc, à tout hasard. Je me balade et je ne pense plus qu'à la prochaine inspiration.