mercredi, février 07, 2007

Manque d'expiration

Donc, l'inspiration. Inspirer vient naturellement, nous pouvons aisément passer des jours, voire des semaines, sans même y concéder une seconde et pourtant, l'air continuera de pénétrer nos poumons, sans relâche.

Il nous arrive de se pencher plus ouvertement sur l'inspiration. Par exemple, la nage exige une forte concentration sur cet acte banal. Le manque, comme pour autre chose, canalise l'importance de ce qui en temps normal ne nous éfleure point l'esprit.

Paradoxalement, il m'arrive parfois d'oublier d'inspirer. Inconsciemment bien sûr, mais oui, j'oublie. Et lorsqu'on refuse d'inspirer, comment pouvons-nous alors expirer?

Tiens, expirer. Terminé. Décédé. Dépassé. Pourquoi une connotation si sombre? L'expiration n'amène-t-elle pas tout autant la vie que l'inspiration? Sans l'expiration, ne ressemblerions-nous pas à d'énormes balons?

Et lorsque j'écris, moi, je ne manque point d'inspiration. C'est plutôt que je ne peux, que je ne permet pas à l'air vicié de se répandre en alphabet romain sur cette page blanche, si limpide. Je ressemble alors à un gros balon bouffi.