dimanche, janvier 07, 2007

Contre-jour

Assis dans le métro avec la moitié de mes possessions reposant sur mes genoux, je regarde les lumières défilées à vive allure dans le tunnel sombre. C'est étrange comme je ne peux voir ma réflexion que lorsque le train avance dans ce dédale souterrain; dans les gares, plus vivantes, je ne suis qu'un fantôme.

Une fois de plus, je parcours la ville souterraine en ruminant tout le négativisme que l'on retrouve au-dehors comme au-dedans. Arrivé à un quai, la tram s'immobilise et c'est en combattant encore contre moi-même, tout en me demandant qui sera le vainqueur - moi ou moi - ou plutôt le perdant, que j'assiste à une scène simpliste, mais qui attire mon attention pour une raison qui m'échappe.

Ils sont deux, jeunes et amoureux, du moins je le suppose. Le couple, harmonisé par une beauté physique ni repoussante ni attirante tant chez l'homme que chez la femme, s'embrasse. Mais l'arrêt du train dans lequel je me trouve brise leur union et j'entend, comme echo de fond le jeune homme qui dit sans pourtant se lever: "Je dois y aller". La fille se lève alors d'un air vexé et lui répond dans les termes bien connus de la psychologie inversée: "C'est ça, va-t-en!". Son compagnon, soit naïf soit amoureux, demeure assis et lance dans la direction de son amante qui s'éloigne: "Ok, ok, je reste!". Les portes se referment alors, empêchant à ce voyageur de prendre le chemin du retour.

Et, alors que le wagon se remet en marche, je n'aperçois plus alors que les lèvres de cet âme dévouée qui, me semble-t-il, supplie sa douce de ne pas l'abandonner à son tour.

2 Comments:

Blogger Spirale said...

Heureuse que tes mots se glissent de nouveau sur cette page...

C'est un passe-temps fantastique que de regarder les gens dans le métro et de deviner le pourquoi du comment du peut-être...

10:39 PM  
Blogger Lolita said...

L’amour n'a de visage que pour celui qui le regarde.

Trognon feuilleton.

lolita

8:16 PM  

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